PROFAC est désormais accrédité par l' Etat pour
délivrer un Certificat Professionnel d'Art-thérapeute de
Niveau II - (Arrêté du 17 Juin 2011 portant enregistrement au
Répertoire National des Certifications Professionnelles par la
Ministre auprès du Travail, de l'Emploi et de la Santé, chargée de
l'Apprentissage et de la Formation
Professionnelle.)
mardi 05 mai 2009 22:02 , dans photos
" C'était un beau jour du moi de
mai. Nous jouions sur la place à quelques mètres de la murette de
grosses pierres couvertes de lichen, immense muraille, à mes yeux,
qui ceinturait notre espace de jeux surplombant la Garonne. A cette
époque de l'année, le fleuve encore dans ses hautes eaux charriait
détritus et troncs d'arbres, dont quelques squelettes, miroitant
sous le soleil printanier, restaient accrochés aux piles du pont -
deux longues étraves protectrices, fendant en amont le flot
impétueux - qui reliait les deux rives de la petite agglomération.
Sur la rive droite, une arche imposante - du moins la voyais-je
ainsi à l'époque - donnait un certain prestige à cet assemblage
minutieux de grosses pierres. L'ouvrage et, à proximité, l'entrée
du parc ouvrant sur la propriété du château étaient - et sont
toujours - les seuls éléments architecturaux offrant au regard
quelque intérêt. Le reste de la bourgade semblait être un ensemble
de constructions dépourvues de grâce. Sur la droite de la placette
- notre seul terrain de jeux avec le jardinet derrière la maison
familiale - à quelques pas de la murette, deux grands piliers
ornaient le grand portail à deux vantaux - deux grandes grilles de
fer forgé - ouvrant sur une longue allée arborée d'immenses
platanes. La propriété du château. Bien que largement ouverte sur
la place, elle nous était inaccessible. Derrière la grande grille,
toujours entrebâillée, commençait une zone de mystère où nous
n'osions pas nous aventurer, le chemin du parc filait dans une
grande courbe qui se perdait au-delà de l'altière frondaison, sans
que nous puissions entrevoir le moindre pan de mur du château, ce
qui ne faisait qu'amplifier cette étrange sensation d'un monde
interdit à nos jeux d'enfants..."
" Radioplatane"
" La masse ouatée
glissa sur son lit de dalles. Dans un bruissement de soie froissée
elle dévala la pente raide, laissant derrière elle une surface
d'une brillante noirceur. Les milles reflets qui rebondissaient
sous la lumière de midi l'aveuglèrent. Il cligna plusieurs fois des
yeux avant de s'accoutumer à la violence des éclairs blanchâtres.
Il s'arrêta quelques secondes. Immobile, à l'orée de la forêt, sa
silhouette aurait pu passer pour un arbuste. Mais à cette heure ci,
personne n'observait les allées et venues des uns et des autres.
Tous étaient attablés. Sauf lui. Jean choisissait toujours cette
heure où le village est désert. A part la vieille Nella, il savait
qu'il ne croiserait âme qui vive. En passant devant sa cour où elle
prenait le soleil, se réchauffant, calée dans un vieux fauteuil
appuyé contre la façade, il la saluait. Cela faisait des années
qu'elle était la seule à l'apercevoir, sa longue silhouette
dégingandée traversait le village comme un fantôme. Seule la trace
de ses longs pas dans la blancheur immaculée témoignait de son
passage parmi les vivants. Quelques fois un rideau s'écartait
légèrement, dévoilant un visage d'enfant. Mais une main ferme
occultait rapidement le regard étonné. On entendait alors quelques
mots de réprimande. Le silence recouvrait à nouveau de sa chape la
profondeur de ses pas. Il allait ainsi, seul,
solitaire..."
" Quatre
saisons"